Communiqué de presse Attentia: L'absentéisme pour cause de maladie se stabilise dans les entreprises belges en raison de la baisse des absences de courte durée. Mais l'absentéisme de longue durée reste préoccupant
Pour la première fois depuis des années, le taux global d'absentéisme diminue légèrement. En même temps, la constante augmentation des maladies de longue durée parmi les femmes et les plus de 55 ans nécessite une réaction rapide par le biais de la nouvelle législation fédérale sur la réintégration.
Bruxelles, 15 janvier 2026 - Après plusieurs années de hausse, l'absentéisme général dans les entreprises belges semble avoir atteint un plafond. Le taux global d'absentéisme - la part du temps de travail perdu pour cause de maladie – s’est établi à 10,10% en 2025, ce qui traduit une légère baisse par rapport à l'année record 2024 (10,31%). C'est ce qui ressort de l'analyse des données salariales de plus de 100.000 employés, conduite par le prestataire de services RH Attentia. Cette baisse découle entièrement de la diminution des absences de courte (moins d’un mois) et moyenne durée (entre un mois et un an). En revanche, les absences de longue durée (plus d'un an) continuent à augmenter, principalement chez les femmes et les plus de 55 ans. La docteure Ella Haemers, Manager Knowledge & Innovation chez Attentia, espère que la nouvelle législation sur la réintégration constituera un tournant décisif. Elle vise à mettre fin à l’envolée du nombre de nouveaux cas d’absentéisme pour cause de maladie de longue durée. "Les employeurs sont désormais tenus de rester en contact avec leurs collaborateurs malades, afin qu'ils ne disparaissent pas des écrans radars. Et ils doivent rechercher les tâches que ces personnes peuvent encore accomplir plutôt que de se focaliser sur celles qu'elles ne peuvent plus faire.”
L'analyse de l'absentéisme pour cause de maladie réalisée par Attentia pour l'année 2025 montre pour la première fois un modeste changement de tendance. Le taux global d'absentéisme a diminué, passant de 10,31% à 10,10%. Même s'ils constituent un signal positif, les chiffres restent cependant bien plus élevés que ceux qui ont précédé la pandémie du Covid (8,38% en 2019). En outre, la baisse s'explique uniquement par la réduction des absences de courte et de moyenne durée. Les absences pour maladie de longue durée ont continué à augmenter, passant de 4,22% en 2024 à 4,28% en 2025.

Les femmes sont deux fois plus souvent absentes pour de longues durées
La différence selon le genre saute aux yeux. En 2025, les femmes se sont trouvées plus de deux fois plus que les hommes en congé de maladie de longue durée: 6,87 % contre 2,86 %. Pour les absences de durée moyenne (3,22% contre 2,22%) et courte (3,71% contre 2,99%), les écarts sont moins marqués. La diminution de l'absentéisme de courte durée concerne les deux sexes.



Le nombre de congés de maladie de longue durée augmente avec l'âge
L’âge joue également un rôle crucial: avec un taux de 10,17 %, les salariés de plus de 55 ans se sont absentés pour une maladie de longue durée bien plus souvent que leurs collègues plus jeunes (4,85 % chez les 45-54 ans; 2,79 % chez les 35-44 ans, et ainsi de suite). Pour les aînés, on doit cependant noter que les chiffres de 2025 traduisent une légère diminution par rapport à ceux de 2024 (10,28 %).

Contrairement aux données sur l’absentéisme de longue durée, les chiffres concernant les courtes durées diminuent avec l’âge. Ils atteignaient 2,67% chez les plus de 55 ans, contre 3,66% chez les 25 - 34 ans et 3,91% chez les moins de 25 ans.

Seule la tranche des 25 - 34 ans connaît une légère hausse des absences de moyenne durée: elle recule dans les autres catégories d'âge.

L'absentéisme de longue durée est près de trois fois plus élevé chez les ouvriers que chez les employés
De grandes différences subsistent entre ouvriers et employés, peu importe la durée du congé de maladie. Ainsi, le taux d'absences de longue durée s'élève à 7,36% chez les ouvriers contre 2,61% chez les employés. Pour les durées moyennes, les pourcentages passent respectivement à 4,25% contre 1,67%, et, pour les courtes, 4,24% contre 2,71%.
Le secteur des soins de santé est le plus touché par l'absentéisme
Dans une analyse par secteur, celui des soins de santé demeure le plus affecté, toutes durées confondues, avec un taux global qui atteint pas moins de 23%. L'Horeca suit avec 18,81%. Les professions libérales et les secteurs scientifiques et techniques connaissent les taux d'absentéisme les plus faibles: 5,26%.
Top 3 des secteurs avec le taux d'absentéisme le plus élevé
- Santé humaine et services sociaux (23,00%)
- Hébergement et restauration (Horeca) (18,81%)
- Services administratifs et de soutien (13,02%)
Selon Attentia, ces chiffres résultent d'une combinaison complexe de facteurs démographiques et sociaux.
"On ne peut plus parler de 'un' absentéisme, explique la docteure Haemers d'Attentia. L'écart entre hommes et femmes suggère que des éléments comme la combinaison travail/tâches domestiques et la présence accrue de femmes dans des secteurs éprouvants physiquement et émotionnellement, comme les soins de santé, jouent un rôle déterminant. L'absentéisme prolongé chez les femmes est souvent dû à une accumulation de facteurs que les politiques de bien-être généralistes ne permettent pas de traiter efficacement. Un congé de maladie de longue durée chez les plus de 55 ans traduit un manque de conditions de travail acceptables pour cette catégorie d'âge. J'encourage les entreprises à investir dans l'ergonomie et l'aménagement des jobs tout au long des carrières et pas uniquement durant les dernières années."
En route vers une réintégration active: le changement de 2026
Pour enrayer la progression de l’absentéisme, le gouvernement a fondamentalement réformé la législation sur la réintégration depuis le 1er janvier 2026. Le programme "Réintégration 3.0" – aussi appelé Trajet de retour au travail – ne se concentre plus sur une simple évaluation médicale, mais sur la valorisation proactive d'un potentiel de travail inexploité.
La nouvelle loi impose un dialogue plus rapide: les employeurs doivent faire appel au médecin du travail dès huit semaines de maladie en vue d'une première évaluation. Pour les entreprises de plus grande taille (20 salariés ou plus), un parcours formel dans les six mois devient la norme. Une nouvelle cotisation de solidarité incite financièrement les entreprises à investir dans la prévention. Les salariés doivent également adopter un état d'esprit plus actif: le non-respect répété de convocations du médecin du travail pourra désormais entraîner des répercussions directes sur leurs allocations.
"La nouvelle loi constitue un changement radical et indispensable qui met fin à l'approche non contraignante de l'absentéisme," déclare la Dr. Haemers. "En intégrant dans le règlement de travail l'obligation de maintenir le contact, on évite que des collaborateurs malades disparaissent des écrans radars. Nous ne regardons plus ce qu'une personne n'est plus en mesure d'accomplir, mais ce qu'elle est encore en mesure de faire. C'est la seule manière d'enrayer efficacement l'augmentation du nombre de cas d'invalidité de longue durée et d'offrir à nouveau aux personnes concernées des perspectives d'emploi durables."
À propos de l'enquête
Les chiffres de cette analyse sont basés sur des données provenant de salariés d'entreprises du secteur privé belge. Pour 2025, l'échantillon portait sur 165 employeurs et 108.494 collaborateurs. Le taux d'absentéisme pour cause de maladie est calculé par rapport au nombre total des heures pouvant théoriquement être prestées.
Communiqué de presse Attentia_L'absentéisme pour cause de maladie se stabilise dans les entreprises belges en raison de la baisse des absences de courte durée_15.01.2026.pdf
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Pour plus d'information (presse uniquement: merci de ne pas publier):
Wavemakers PR - Jente Salden, jente@wavemakers.eu, 0488 15 39 40
Attentia - Barbara Verougstraete, barbara.verougstraete@attentia.be, 0479 93 22 82
